LE DORMEUR DE LA KASBAH

LE DORMEUR DE
LA KASBAH
Du fond de ma mémoire grabat
Je transpire ma haine larvaire
Je m’accroche aux vestiges calvaires
Suis-je l’ultime survivant ici-bas ?
Miraculé vivra en sursis échéance ?
Sur ruines et cadavres dérape
L’éternelle Kasbah, triste miroir
Des miens, dans leur désert-mouroir
Face aux piteuses pierres, je varappe
Sisyphe dans son ambivalence.
Si ces âmes n’étaient pas là
Nous serions tous des amnésiques
A balbutier une autre mystique
A saluer les relents de l’au-delà
La terre donne à la vie sa cadence
Mon frère caresse tristement
Les derniers souffles telluriques
Coulent ses larmes océaniques
Nature, berce-le, chaudement
Il a un froid de délivrance
EL MAGHFOUR
In "Agadir des ires"